Rendez-vous en terre inconnue

Avant de quitter Bordeaux, j’avais eu l’occasion de tester mes chaussures de randonnées dans les dunes du lac d’Hourtin. J’étais content car, après plusieurs heures de marche, aucun grain de sable n’y était rentré. Je me sentais prêt à affronter la côte Sud du Western Australia. J’avais juste oublié que le plus dur, en fait, était de marcher toute la journée dans le sable… Tout de suite, en quittant Northcliffe, le sentier se transforme et laisse place à de larges routes de sable éprouvantes pour les jambes.
30 km de larges pistes de sable entre Northcliffe et Lake Maringup
30 km de larges pistes de sable entre Northcliffe et Lake Maringup
J’ai démarré ma journée tard et j’arrive à « Gardener campsite » vers 15 heures. Le refuge a brûlé l’année dernière et est toujours en construction. Il faut y planter la tente. Le prochain « shelter » se situe en bord de lac et la zone n’a pas été touchée par l’incendie en 2015. Je décide très vite de « doubler » et me voilà reparti pour 15 km mais avec la ferme intention de rester le lendemain me reposer au lac. De toute façon, pour la première fois depuis le début, je ne peux pas prendre de jours d’avance (ni de retard). En effet, avec Christopher, nous avons convenu d’un rendez-vous sur la piste qui ne peut pas être changé faute de réseau. « Lake Maringup campsite » tient toutes ses promesses et rentre officiellement dans mon top 5 des plus beaux « campsite ».
Vue depuis l’intérieur de la cabane.
Vue depuis l’intérieur de la cabane.
Je m’y installe donc pour 24 h pendant lesquelles je vais : – Essayer de faire cuire des pancakes au feu de bois sans poêle et sans huile, l’un des plus gros ratés de ma vie… – Me baigner dans le lac, – Me confectionner une décoration en plumes pour mon chapeau.
Non ceci n’est pas le lac d’Hourtin !
Non ceci n’est pas le lac d’Hourtin !
Les jours suivants vont s’avérer plus difficiles que prévu car la piste se faufile, en grande partie, dans une zone extrêmement humide où les forêts se font rares. Certaines sections de la piste sont complètement inondées en hiver et c’est un véritable marécage que je dois traverser. Il fait chaud et le sol est tantôt sablonneux, tantôt boueux… les 65 km entre « Lake Maringup » et « Woolbales campsite » seront pénibles.
Cette partie de la piste était fermée car inondée il y a encore 15 jours.
Cette partie de la piste était fermée car inondée il y a encore 15 jours.
La cerise sur le marécage…les mouches !
La cerise sur le marécage…les mouches !
Arrivé à « Woolbales campsite » j’attends Christopher. Je ne sais pas exactement à quelle heure il doit arriver. Nous avons convenu que je resterai là du 21/11 à 16h30 jusqu’au 22/11 à midi. Ensuite, je devrai continuer ma route et le prochain rendez-vous serait au refuge suivant. Cela peut paraître étrange, aujourd’hui, de donner un rendez-vous pareil, mais le téléphone portable, sans réseau, ça ne sert à rien. A 17 h 30, j’entends de drôles de bruits qui se rapprochent. Je ne pense pas que ce soit lui car les bruits ne sont pas des pas humains, ce ne sont pas non plus des sauts de Kangourous ou autres bipèdes sauteurs. Finalement, je me lève pour aller voir et tombe nez à nez avec Christopher arrivant d’un bon pas et tapant avec sa main sur un paquet de chips. Il m’expliquera, plus tard, que c’était pour faire fuir les serpents ! Précisons que les serpents n’ont pas d’ouïe… Les retrouvailles sont chaleureuses et sont célébrées autour d’une bonne soupe déshydratée.
Retrouvailles à Woolbales campsite.
Retrouvailles à Woolbales campsite.
Le lendemain matin, nous voilà partis pour l’Océan Indien. Il faut dire, qu’il y a deux jours, en haut d’une petite colline dominant le marécage, j’avais entr’aperçu un petit bout de bleu entre deux dunes au loin et c’était donc cela, à proprement parler, ma toute première rencontre avec l’océan depuis mon départ de Perth. Il n’empêche, qu’en ce premier jour de marche avec Christopher, nous arrivons, après quelques efforts pour franchir les dunes de bord de côtes, à quelques encablures de Mandalay Beach ! Le vent, la couleur de l’eau, la fureur des vagues… tout est un spectacle qui ravit mes sens d’homme du bush que je suis depuis maintenant près de 750 km.
Vue sur Mandalay Beach.
Vue sur Mandalay Beach.
Le reste de la journée nous fait longer Mandalay Beach puis, enfin, atteindre notre abri pour le soir. Entre temps, nous aurons quand même croisé serpents et kangourous, de quoi ravir Chris.
Mandalay Beach.
Mandalay Beach.
Le lendemain, le spectacle de l’océan continue jusqu’à ce que, finalement, notre route nous fasse revenir dans les terres, l’occasion d’une « douche » dans une rivière et d’un picnic sur le bord d’un pont. Des petits plaisirs de la vie qui commencent à devenir habituels pour moi et que Christopher, de par sa « fraîcheur », me permet de remettre en relief.
Picnic après une bonne « douche » dans la rivière.
Picnic après une bonne « douche » dans la rivière.
Une dernière soirée dans la forêt nous permet de rencontrer un personnage haut en couleur. David, qui se fait appeler « Pack Animal », arrive tard en fin d’après-midi. Il parle très vite et semble en permanence agité. Il nous explique ne jamais mettre sa véritable destination dans les « Log Books » disponibles dans les « shelter » pour ne pas qu’on puisse « le prendre en chasse ». Par contre, il adore « prendre en chasse » les autres et même, parfois, marcher la nuit pour les dépasser sans qu’ils ne s’en rendent compte. Il nous dit, également, avoir marché le Bibbulmun Track 4 fois de suite en 2013, après l’avoir fait 3 fois de suite en 2012 ! Bref, le type ne manque pas d’anecdotes et de conseils péremptoires et Christopher est content d’avoir rencontré une « légende vivante» du Bib track. La soirée se termine bien. Le lendemain, en une paire d’heures, nous voilà arrivés à Walpole. L’occasion pour Christopher de découvrir une petite ville typique du Western Australia. Nous nous rendons directement au « Backpacker » et y prenons une chambre. Le temps de prendre une vraie douche, nous voilà au Pub pour découvrir les bières locales. Après en avoir testé quelques-unes, nous sommes désormais convaincus qu’elles ont à peu près toutes le même goût.
Première tournée de « Carlton Dry ».
Première tournée de « Carlton Dry ».
Le jeudi soir c’est menu « Beer & Meat Pie » pour 25$.
Le jeudi soir c’est menu « Beer & Meat Pie » pour 25$.
Le lendemain matin, c’est déjà l’heure des « au revoir ». Christopher prend son bus direction Bunbunry puis le train direction Perth puis l’avion direction Paris. Moi, je reste me reposer un peu à Walpole avant de repartir, comme à chaque fois…
Remarquons que les bus sont équipés de « pare Kangourous » !
Remarquons que les bus sont équipés de « pare Kangourous » !
Enfin et comme jai un peu de retard, j’innove en finissant cet article avec le teaser du prochain ! Donc, dans le prochain article à paraître : quatre jours entre Walpole et Peacefull Bay avec la gastro, traversée d’un bras de mer en canoë, mes premières tentatives de pêche à la ligne sur le Bib… See you !

4 commentaires sur “Rendez-vous en terre inconnue

  • Julie

    Faut quand même saluer le sens de l’aventure et de l’amitié de Christopher ! J’imagine les émotions de dingue quand il a débarqué tout seul au milieu de nul part ! C’est vraiment génial de te lire mon frère ! Et de te voir si heureux devant une bonne Carlton Dry fraîche ! lol

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  • Angel

    Félicitations pour ce beau périple dans un milieu où la faune et la flore sont surprenantes.
    Très courageux en tout cas d’avoir poursuivi cette aventure, qui au vu des circonstances auraient pu vous mener à l’abandon.
    Merci pour ce partage.
    Bon repos mérité.

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  • hubert

    merci de me compter destinataire de ce blog hors du commun et qui flatte mon ame de grand pere
    a bientot Bisous
    PAPI

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    • hubert

      OK bravo

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