Après 1000km et 49 jours de marche, me voilà officiellement End-to-ender !

Terminus, tout le monde descend !

Cela fait 24 heures que Christopher est parti. Je suis toujours à Walpole et, normalement, je repars demain. A 18 heures, je suis pris de vomissement. Je vais au lit sans manger, on verra bien…

Après une nuit vraiment pas terrible, je me lève 2 heures plus tard que prévu. Difficile d’avaler mon petit déjeuner. Il ne fait pas très beau, ça me décide à partir, au moins, je n’aurai pas trop chaud.

En partant de Walpole, la piste remonte dans les terres. A midi, je passe devant le « Tingle Tree » du nom de cette sorte d’arbre qui ne pousse que dans la région et qui a la particularité de faire une énorme base pour bien s’ancrer dans le sol meuble des environs. A la suite d’incendies, ils brûlent à cœur mais pas sur le pourtour, là où l’écorce est très humide. Résultat : d’énormes arbres creux dont certains spécimens pourraient faire office de maisons.

Le «  Tingle tree », l’un des plus gros de la région.

C’est péniblement que je parcours les 17 km jusqu’au « shelter ». Je me couche après une soupe. Je n’ai pas faim même après mon effort de la journée. Les jours suivants se ressemblent, je ne mange que trop peu et je n’ai pas d’énergie.  Mes muscles sont fatigués avant même d’avoir commencé à marcher. Difficile de marcher quand on est malade et qu’on ne mange pas.

Malgré tout, je retrouve bientôt l’océan et découvre une côte magnifique où s’enchaînent des plages plus belles les unes que les autres. Je passe un très bon après-midi à « Conspicuous Cliff ». Cette sublime plage est connue comme point d’observation des baleines. Elle présente aussi un intérêt certain pour moi, la présence d’une petite rivière qui passe entre les dunes et finit sa course sur la plage. Ce petit filet d’eau douce est une aubaine car il me permet de me rincer après mon bain. Je suis donc propre comme un sou neuf et non salé.

Conspicuous Cliff vue de l’observatoire pour baleines.

Mon bain et ma douche pour un après-midi.

Ils ont même prévu un « deck » pour faire la sieste avec vue sur l’océan.

Les shelters, dans la région, sont très bien placés avec de nombreuses vues sur mer et certains se payent même le luxe d’une petite véranda.

J’en profite d’ailleurs pour vous montrer (mieux vaut tard que jamais) mon installation habituelle dans un refuge. Je dors sous moustiquaire depuis maintenant plus d’un mois et c’est un vrai confort.

Ma chambre type depuis plus d’un mois.

Vue du « Rame Head campsite ».

Chemin typique dans les dunes en bord d’océan.

Bientôt, à force de persévérance, j’arrive à Peacefull Bay en quatre jours et voilà que l’appétit me revient. Au final, dans ce laps de temps, ce n’est l’équivalent que d’une seule journée des rations que j’avais prévues qui ont été mangées.

A Peacefull Bay, je dors au camping et décide de rester pour 24 heures de repos. J’en profite pour récupérer le dernier des colis de nourriture que j’ai envoyé ici quand j’étais à Perth. Je m’achète également une petite canne à pêche et deux leurres. Je suis bien décidé à tenter ma chance sur les quelques jours restant.

Me voilà donc reparti direction Denmark qui est la dernière ville avant Albany. Le premier jour après Peacefull  Bay offre l’occasion de traverser un bras de mer en canoë.  Ils sont en libre-service et chacun doit veiller à ce qu’il y en ait toujours au moins un de son côté, voire idéalement trois de chaque côté. Je me retrouve donc à transférer trois canoës du côté où je suis arrivé. L’opération me prend une bonne heure, il faut dire qu’ils n’ont pas choisi le modèle le plus léger du marché.

Lorsque j’arrive il n’y a qu’un canoë de mon côté.

Première traversée avec mon sac.

Deuxième traversée avec les trois canoës.

La suite de la piste passe tantôt dans les dunes, tantôt sur d’immenses plages désertes. En longeant Mazzolety Beach, le temps change soudainement. Le vent se lève et les averses en mer se succèdent. Le sable, poussé par d’énormes rafales, donne l’impression d’un épais blizzard au sol. Le souffle, derrière moi, me déstabilise en projetant de côté mon sac. L’océan a changé d’aspect et se couvre de petits moutons blancs… le spectacle me ravit.

Mazzolety Beach, 8 km de plage poussée par le vent.

Le vent et les vagues rongent petit à petit la plage.

Finalement, en trois jours, j’arrive à Denmark. Juste le temps d’acheter ce qu’il me manque pour repartir le lendemain. Je suis alors censé traverser « Wilson Inlet » en prenant un bateau. Le problème, c’est que le « Madfish » ne lève l’ancre que pour 150 $ australien.  Je décide donc de faire du stop pour contourner « Wilson Inlet » et puis,  en suivant une petite route bitumée (Eden road) sur presque
7 kilomètres, j’arrive à rejoindre le Bibbulmun track. Au final, le trajet parcouru à pied sur cette route est plus long de quelques kilomètres que l’original via le bateau. Je suis donc en paix avec moi-même.

La fin de la journée se termine au niveau de « Lowlands Beach ». L’occasion de se baigner une nouvelle fois et de faire la sieste à l’ombre d’un gros bloc de granite. Il ne me reste plus beaucoup de kilomètres pour arriver à Albany et je décide alors de prendre mon temps et de faire de très longues pauses l’après- midi entre deux « shelters ».

Lowlands Beach.

West Cape How campsite m’offre un bureau des plus agréables.

L’organisation des dernières journées me convient parfaitement : marcher de 7 h à 13 h, trouver une plage proche du prochain « campsite  » et y passer l’après-midi entre sieste et pêche à la ligne.

Malheureusement, malgré mes nombreuses tentatives, je finirai toutes mes parties de pêche bredouille et ne mangerai que du thon en boîte…

Je n’ai pas le talent de certains de mes amis de Guadeloupe, mais je m’amuse bien.

Shelley Beach.

Après 3 jours de marche, me voilà à la dernière « hut » avant Albany. Juste avant la tombée de la nuit, je suis rejoint par Sam, un Néerlandais, avec qui j’ai fraternisé, il y a quelques jours, à Denmark. Il fait également le Bibbulmun Track end-to-end et le courant passe bien entre nous deux.

Dernier « shelter » avant Albany.

Le lendemain, nous marchons donc ensemble les 12 derniers kilomètres. A vrai dire, ce ne sont clairement pas les kilomètres les plus intéressants du Bibbulmun track mais nous avons le sourire et hâte de toucher le panneau « Northern Terminus ».

Finalement, après 1000 km et 49 jours de marche (63 jours au total), je termine mon Bibbulmun Track le 08/12/16 et deviens officiellement « End-to-ender » !

Après 1000km et 49 jours de marche, me voilà officiellement End-to-ender !

 Bien sûr nous fêtons cela comme il se doit, une première fois à 11h30, puis une seconde fois à 18 h.

Café glacé et gâteau de la victoire.

Après une journée de repos, je retourne à Perth en stop et il me faudra moins de 6 heures pour faire, en sens inverse, le trajet Albany – Perth.

En direction de Perth, Scott et Colly m’avancent de 100 km et m’offre une bière.

Les 48 heures à Perth sont l’occasion de retrouver Natasha (avec qui j’ai partagé les « campsites » pendant presque 15 jours au début du mois d’octobre) et Sam. Nous partageons nos différentes expériences et anecdotes et réalisons que chacun de nous a vécu un Bibbulmun Track différent, que ce soit en termes de solitude, de blessures, de personnes rencontrées, de nourriture ou de moments préférés.

Il existe, cependant, quelques points communs, comme l’impression d’être très sensibles à ces émotions, la sensation de passer en un instant, de la joie à la dépression, l’idée que toute nourriture, même fade, devient délicieuse quand on a vraiment faim, le bonheur d’atteindre l’océan, la haine des mouches, la peur des incendies et enfin et surtout, la nostalgie et l’envie de faire une autre longue marche quelque part dans le monde très vite…

Nouvelle célébration du Bibbulmun Track avec Natascha et Sam à Perth.

Enfin, et pour finir cet article, j’aimerais, encore une fois, chaleureusement, remercier :

  • Thierry et Julie, à qui j’ai confié les clefs d’End2End.me et qui se sont chargés, entre autres, de publier les articles de ces derniers mois, de créer la page « où suis-je ? » ou encore de publier les nouveaux articles sur Facebook.
  • Yvonne, ma correctrice officielle, grâce à qui je peux partager, avec le plus grand nombre, mon expérience sans rougir de mon incompétence grammaticale,
  • Gilles Lakajzen, fondateur de la société Rezoximo (mon sponsor officiel), qui m’a spontanément proposé de m’aider dans cette aventure.

Par ailleurs, sachez que vos promesses de dons à l’AfVT.org  représentent un total de 1000 euros. Vous serez très rapidement contactés par l’association qui vous indiquera la marche à suivre pour tenir votre engagement.

Je vous remercie tous pour votre soutien qui aide cette cause qui me tient à cœur et qui a été un vrai moteur pendant ces deux mois et demi.

A très bientôt pour de nouvelles aventures…

2 commentaires sur “Terminus, tout le monde descend !

  • Benos

    En 2 mots : GRANDIOSE et BRAVO :p

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  • eric bouillot

    Super Bravo!!
    Efficace et inspiré dans tes choix.
    La route a été longue et pas toujours facile, mais ton moral en est venu à bout et avec le sourire.
    T’es très beau, et nous sommes tous fiers de ton aventure.
    A bientôt en Guada pour une pèche sous marine pas bredouille 😉

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